L'or d'Inaire
Finalement, vous le connaissez si peu...difficile de se le representer, derriere tant de cliches ?
Une vie en Bolivie, a Potosi...ce n'est pas l'Afrique, ce n'est pas le bagne, ce ne sont pas des vacances : comme la plupart d'entre vous, le boulot commence a 8 ou 9h (en fonction des reunions du matin), et termine a 18 ou 19h (idem). Pour faire simple, le lundi et le vendredi sont consacres a la coordination avec les trois autres responsables (Maria-Luz pour l'administration, Zenobia pour l'apoyo pedagogique comme moi, et Claudia pour...tout) : en somme, reunions, planifications, evaluations, nouveaux projets. Le reste de la semaine est generalement consacre a la realisation de projets (en vrac : journal, un peu d'administratif, montgolfieres et tutti quanti), et surtout a la visite des centres, pour evaluer et soutenir les educateurs dans leur travail. Avec les enfants donc. Avec Zenobia, nous tournons dans les 6 centres de Potosi, en distillant observations, conseils et soutiens autant que possible aux 20 educateurs. Un samedi par mois en sus, une formation est donnee aux educateurs ; sans compter les reunions d'evaluation et de planification avec les educateurs, reparties soirs et matins de la semaine. Voila pour le travail.
Pour le reste, les soirs ne sont point chomes non plus...quand je parlais du fait qu'on "reproduit" notre rythme de vie quand on bouge... Le mardi soir est consacre a un cours de francais pour des amis volontaires chiliens, le jeudi repas avec des collegues (cuisine alternee : une fois moi, une fois elles), et le vendredi soir au "wally", equivalent bizarre du volley que nous connaissons. Si les autres jours sont imprevisibles, ils sont assez souvent visites par des voyageurs d hospitalityclub. Quant aux week-ends et pour rassurer mes chers parents (!), je les reserve au repos et bouffes entre volontaires, quand je ne les mets pas a profit pour randos et decouvertes de ce pays si riche...
Bref, une vie chargee et pas si etrange, a l-etranger. Voila le concret. La suite, vous la connaissez puisque vous vivez la meme : on apprivoise une ville, on en apprend les coins cles : c-est la pizza au feu de bois, le vendeur de confiture maison, la "casera" du coin de la rue, la rando onirique de la vallee, les amis volontaires, le cybercafe au meilleur rapport qualite-prix, etc.
Et des hauts. Et des bas. Des bas comme une chef tres difficile, comme des choses ou des personnes qui sont loin, comme des douleurs sur lesquelles on ne sait que faire passer le temps. Des hauts comme ces randos toujours aussi fabuleuses apres la 10eme fois qu-on y va, comme la simplicite de partages avec des gens d-ici ou des volontaires, des hauts comme la profondeur de l-echange avec mes amis belges, ces "a-cote" (?) auxquels on ne s-attendait pas, qui vous tombent sur le coin du nez aussi chaleureusement que ces bas vous affectent durement. Bref, un volontariat, ce n-est ni plus ni moins que la vie. La meme que la votre, en pas pareil. C-est probablement ca qui est fort, croyez-le ou non.
Atatay.
PS : Et toujours dans l'ordinaire : que se disent des volontaires quand ils se rencontrent ? Experience sur le Prado de La Paz (equivalent des Champs-Elysees), avec Kristof, qui me dit, en passant devant un restau : "Oh Manu, il faut vraiment que tu essaies les chiottes ici, c'est genial..." C'est simple et c'est profond la vie, non ?