Le pays de Coca-gne

Publié le par Emmanuel Boissinot

Ce fut déjà l'objet d'un article, mais je réitère : derrière la Bolivie se cachent...moult Bolivie(s) ! D'ailleurs et significativement, c'est en ce moment l'objet d'un film qui passe à Potosí, du nom de "El estado de las cosas" (=l'état des choses.).

 

Tout bon géographe (j'en connais quelques uns...) sait bien tout d'abord que les frontières de nombre de pays de la mappemonde sont bien artificielles et relatives : des limites africaines coupées au couteau (observez la carte !) jusqu'aux tièdes et fumants recoins de la Bolivie (amputée par chacun de ses voisins), je n'invente rien en affirmant que les limites cartographiées ne sont bel et bien que "politiques". Et pour cause ici : plus que des pays, des mondes se côtoient...entre l'Amazonie torride et dense, les Yungas majestueuses et l'Altiplano aride et exigent, on a du mal à voir ce qui unit physiquement les populations.

C'est d'ailleurs de mauvaise guerre que se livrent une vilaine petite bataille les prétendants à l'autonomie des départements et les "autres", qui découpe et divise peu à peu un pays qui lutte déjà depuis longtemps pour sa stabilité...

Oui, c'est compliqué la Bolivie, je l'avais dejà "vu" à mon arrivée, et je le "ressens" maintenant : la fracture la plus importante sur l'Altiplano est sans doute celle qui existe entre les paysans (campesinos) et les citadins, les seconds rejetant généralement les valeurs, les tenues et simplement la culture des premiers. "Jean" contre pantalon en tulle, walkman contre charango, divinités et pachamama contre ordinateurs, et finalement...local contre international. Mais j'aurais tort de trop simplifier, il existe aussi une harmonie disharmonieuse vraiment intéressante ici, qui fait que les citadins écoutent aussi beaucoup (même essentiellement) de musique nationale, respectent grand nombre de fêtes traditionnelles, et vont parfois dans le "campo" voir leur famille, où sont restées entend-on dire parfois "les vraies valeurs".

Bref un joli patchwork qui sait aussi procurer sa dose de confrontations particulières : paysans dans la ville qui viennent pour vendre leurs produits, voir la famille, travailler à la mine ou mendier ; et à une autre échelle, nous avons eu lors de la dernière rencontre nationale NIDELBARMI (entre Potosí et El Alto La Paz) un regroupement qui n'a pas manqué de me surprendre. Je pensais qu'en tant que "citadins" de villes pourtant assez pauvres, il y aurait plus d'harmonie, mais je n'en vis goutte ! À mon étonnement donc, peu d'échanges entre eux, et plus grande ouverture de la part de ceux d'El Alto, ville périphérique de La Paz : il faut préciser peut-être que cette dernière ville, malgré sa proximité "capitale", est probablement plus pauvre que Potosí, et il faut croire qu'il y règne une manière de vivre et d'être encore différente d'ici. Je n'irai pas jusqu'à dire que nos "Potocos" ont snobé les Alteños, mais...je les ai trouvés plus arrogants en tout cas. Bien intéressant ma foi d'un sens, et un peu dommage d'un autre. Mais c'est  ainsi. Comme toujours, on dira que...c'est l'altitude et le froid.

Je termine en entamant aujourd'hui mon dernier mois de travail à NIDELBARMI, après presque un an... Je me permettrai à cet égard de reprendre cet aphorisme d'Aristote : "Eh ben ça fait bizarre..."

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Publié dans minesderien

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A
Je n'ose presque pas le dire... Le comportement de la direction influencerait elle les educateurs.... bon, c'est n'est qu'une idée qui me passe par la tête hein..<br /> Kristof<br /> Evidemment notres educatrices (et educateurs) étaient très contentes de la formacions, mais qu'est-ce qu'on va faire avec tous ces coeurs fendus après ton passage....quelques conseils?<br /> Annemie<br />  
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B
L'altitude ? El Alto est presque plus haut que Potosi non ? <br /> Les Potocos étaient trop fiers de leurs résultats footballistiques, ils crânaient un peu ...?
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Ã
Prépare-toi psychologiquement, le retour à la civilisation, je veux dire la vraie, la grande et la seule véritable (la civilisation occidentale, donc), va être difficile.Comme l'a probablement dit Platon un jour où l'autre « ça va te faire bizarre ».
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