L'assurance touriste
Allez zou, avant de faire un peu le bilan sur cette année, un petit point sur un petit truc qui me chagrine un petit peu...
Il faut dire tout d'abord que ce pays est vraiment formidable...nous n'arrêtons pas de le répéter avec Kristof et AnneMie, c'est une terre incroyable et pleine de ressources : imaginez-vous, deux fois la France, ça représente tant de richesses ! En quelques minutes, on peut passer des montagnes enneigées à la jungle torride, en passant par des monts verts qui ridiculiseraient allègrement les publicités Volvic... Bref panoramas, cultures et autres climats sont surprenants et ne risquent pas de lasser nos sens, qui regrettent bien plutôt de ne pas pouvoir faire plus ! En un an, j'aurai pu voir une bonne partie de l'Altiplano, qui représente un tiers de la superficie de la Bolivie. Et combien de merveilles !
Cela amène à se poser des questions sur le tourisme, encore relativement peu "développé" en Bolivie. Est-ce vraiment souhaitable ?
Bref. Comme tout volontaire aux nerfs un zeste chargés et fatigués, nous sommes allés les détendre avec Kristof et AnneMie du côté de Coroico, dans les Yungas boliviennes ces deux derniers jours. C'est...très beau. Mais. Mais le tourisme, à mon sens, est en train littéralement de pourrir une partie de ce pour quoi il existe. Certes il n'enlève pas les montagnes majestueuses (enfin, pour l'instant !), mais le village de Coroico est par exemple rempli, en cette période certes touristique, pour moitié de gringos ; il n'est pas inutile de dire que ça se voit : c'est-à-dire qu'une bonne partie des individus sus-dits le font sentir : la panoplie "lunettes de soleil - appareil photo - sac à dos - gadgets en tout genre" est parfois savamment ordonnée pour se faire voyant. Les embouteillages de 4*4 à l'entrée et la sortie de la ville font rigoler les singes et nous aident à oublier un peu l'odeur des orangers... Voilà l'assurance qu'est la présence du touriste, si il vient avec ses gros sabots (même bretons !). Non, je ne suis pas aigri, mais un peu attristé par ce phénomène qui fait aussi que dans ce village a priori aussi typique, les restaurants principaux sont une pizzeria italienne et un mexicain, et qu'on y organise moult activités dont les deux tiers sont financièrement tout à fait inaccessibles aux Boliviens (je parle en général du tourisme en Bolivie...je n'ose pas dire à mes collègues les choses que j'ai vues dans leur pays, qu'ils ne verront probablement jamais...). En somme, le tourisme, du fait qu'il soit en masse et par la manière, ruine vraiment l'essence de certaines choses.
C'est alors tout à fait fleur bleue et gentillet, mais je prône et conseille donc par pitié la manière "douce" : partons en sac à dos et à pied autant que faire se peut, rencontrons un peu les gens, acceptons de découvrir des manières de faire sans trop transposer notre mode de vie, et surtout...prenons le temps !
Bonnes vacances et bon(s) temps...
PS : en fait une bonne proposition, ce serait de faire une sélection au tourisme ! C'est-à-dire qui ne soit pas que par l'argent...du style le test du touriste nuisant, correct ou luisant...