Du sel dans la vie

Les vacances...enfin. Chaque volontariat a ses particularités, celui-ci a cet avantage d’être passionnant mais en revanche très prenant : la dernière semaine (fête pour les enfants, réalisation de montgolfières dans les centres, etc. – pensée forte pour mon grand-père…) a imposé un rythme assez costaud (d’Européen ?) : 9h-21/22h tous les jours, juste de quoi attiser la fête de microbes dans mon p’tit corps. Heureusement, tout était vraiment génial et sympatoche ; n’oublions pas aussi de préciser que depuis maintenant trois semaines, une petite blonde qui répond ici au drôle de nom de Bera, est venue nous prêter main forte à Nidelbarmi, et main douce auprès de son volontaire…
Mais maintenant, c’est repos (mérité je pense !). Temps de prendre du recul, du « descanso », et aussi de visiter un peu : le seul moment de l’année à part les week-ends. Nous revenons aujourd’hui (à 4h du mat´) du Salar d’Uyuni et du Sud Lipez : je vais peu décrire tellement ce que j’ai vu se passe de mots. D’ailleurs, je te conseille, cher lecteur, de te mettre une bonne petite musique de fond légèrement planante pour une lecture plus adéquate…Je pense n’avoir presque jamais rien vu d’aussi beau sur une telle étendue : fabuleux et onirique me conviennent, mais fantastique, merveilleux, beau complètent tranquillement le tableau. Le plus grand désert de sel du monde (qui est aussi la plus grand plaine du monde, pour l’équivalent de deux départements français) nous a découvert une partie de ses charmes pour un trip de 3 jours en 4x4 (oui, des fois c’est tout de même le véhicule le plus approprié…) dans le sud bolivien : des sensations indescriptibles que les photos viendront conter bien pâlement. Désert de sel, déserts de pierres, de sable entourés par le vide ou par des chaînes stupéfiantes de montagnes et de volcans, qui n’ont rien à envier aux charmes de l’Auvergne ou des monts de Florian (sinon la verdure…). L’art et la nature sont si proches… Le désert de Salvador Dali (nom qui décrit bien l’univers onirique du coin), la vallée de pierre, les geysers (à déguster à 5h du matin), les sources d’eau chaude dans le froid ambiant, le ciel étoilé (comme les lumières françaises ne m’avaient jamais permis de voir), les lagunes colorées enivrantes, les vigognes sauvages (cousin du lama) et les flamants roses sont autant d’expériences qui justifieraient le détour à eux seuls. On a envie de deux choses en voyant ça : rester et y être un peu seul, et…le partager avec vous. J’en connais qui apprécieraient ou apprécieront.
Et l’été nous a permis de vivre l’aventure sans pluie et surtout dans une température juste appréciable : l’hiver est bien clément, paraît-il… Ca fait aussi bizarre de rencontrer autant de gringos d’un coup : en effet, il s’avère que les Boliviens nous conseillent tous d’y aller, mais que personne n’y est jamais allé. A 65 dollars le « trip », c’est vraiment une bouchée de pain pour un Européen vues les merveilles, mais ça reste un peu trop de bolivianos pour un local…malheureusement. Il fut agréable cependant d’échanger avec d’autres gringos de toutes sortes : aventuriers (tour du monde en vélo,…), touristes pédants et suffisants, jeunes fous (!), etc. Curieusement, la grande majorité d’entre eux était constituée de très jeunes (20-30 ans).
Quelques petits regrets cependant : notre guide (ce fut le cas pour beaucoup apparemment : nous formions indirectement une « caravane » d’une quinzaine de 4x4) était quasi muet, et pas toujours très professionnel : conséquence, on en apprend plus avec nos livres, et on s’arrête ô combien trop peu à chaque endroit de rêve. Ce dernier problème était aussi lié à notre groupe un peu particulier et remarqué : trois militaires brésiliens doucement fêlés (le genre à faire fuir allègrement les flamants roses que tu mets une demi-heure à approcher !) et deux minettes allemandes : tout le monde très gentil, mais un peu pénible pour ce genre d’expédition, à commencer en relation avec le guide : il est déjà gênant de n’être que des gringos « servis » par des Boliviens, mais la manière de les traiter était parfois franchement indécente, et pas seulement dans notre groupe. Mais relativisons, c’était très intéressant de partager avec beaucoup d’entre eux, en espérant même que certains viendront visiter cette si riche ville de Potosí (quelle erreur de l’éviter en visitant
J’ai déjà été bien long…pour ne pas trop ennuyer mon monde, je remets ça dans un deuxième article, c’est frustrant de s’arrêter là. Mais promis, pas trop long, de toute façon, les crêpes vont refroidir…
PS : nous (ou plutôt Bérangère) avons évité avec brio une attaque de voleur, dont la technique nous avait été révélée peu auparavant : un type te crache sur le pantalon, et une femme vient soi-disant à ton secours avec un bout de PQ : le type pendant ce temps se sert dans ton sac…heureusement, Bera-Bond a acquis les réflexes suffisants !